3. Bonnes pratiques pendant la préparation du traitement

1. Protection de l'applicateur

Lors de la manipulation des produits phytopharmaceutiques (préparation de la bouillie, traitement et nettoyage du matériel), certaines pratiques peuvent exposer l’applicateur à des risques importants pour sa santé. Cette manipulation nécessite une protection de l’applicateur adaptée au produit et au mode de traitement. La lecture de l’étiquette présente sur l’emballage et de la fiche de sécurité permettra de déterminer les mesures de protection à prendre lors de l’utilisation du produit.

Les voies d’entrées probables des produits phytopharmaceutiques dans le corps sont multiples. Il convient dès lors de porter les équipements nécessaires (gants, masque…) afin de s’en protéger.

Le port de gants permet de réduire de 90% le risque de contamination des mains par les produits phytopharmaceutiques. Ces derniers doivent être imperméables aux produits chimiques. Le symbole « NF EN 374-1 » permet de s’en assurer. Ces gants seront en nitrile ou néoprène et suffisamment long pour protéger les avants bras et éviter que les poignets n’entrent en contact avec le produit. Les gants en cuir, en latex ou en PVC ne protègent pas des produits phytopharmaceutiques !

Le port d’un masque est nécessaire tant durant la préparation de la bouillie que durant l’application (sauf si la pulvérisation est effectuée à l’aide d’un tracteur équipé de filtres à charbon actif). Il évitera la pénétration par les voies respiratoires des gouttelettes et poussières de produits phytopharmaceutiques. Le type de masque « A2B2P3 » assure une protection efficace. Un demi-masque suffit s’il est muni de filtres pour le gaz et la poussière (type A2B2P3) et est accompagné de lunettes. Le remplacement du filtre doit être régulier.

Certains produits sont corrosifs ou irritants. Le port de lunettes permet de protéger l’applicateur des éclaboussures, de tels produits pouvant entraîner des dégâts oculaires.

Le port d’une combinaison est essentiel, mais parfois peu confortable. Pour une protection optimale, l’opérateur choisira une combinaison marquée «CE» et comportant les pictogrammes de protection adaptés. Les salopettes en textile n’offrent qu’une protection limitée. Le port de bottes est conseillé mais en été, le confort poussera souvent à l’utilisation de bottines. Il faudra veiller à ce que ces bottines ne soient utilisées que lors du travail de pulvérisation. La combinaison sera portée au-dessus des bottes et pas dans les bottes afin d’éviter la pénétration de liquide dans celles-ci.

Pictogramme indiquant la résistance aux produits chimiques

2. Lecture de l'étiquette

Tout emballage contenant un produit phytopharmaceutique doit comporter une étiquette, rédigée en français et en néerlandais, reprenant un certain nombre de mentions et d’indications obligatoires relatives au produit (article 44 de l’Arrêté royal du 28 février 1994). Sa lecture est primordiale avant toute manipulation de produit phytopharmaceutique.

Il est interdit de modifier l’emballage ou l’étiquette d’origine ou de reconditionner les produits. Le produit doit impérativement rester dans son emballage d’origine. L’étiquette doit toujours rester lisible et attachée à l’emballage.

3. Gestion des pertes ponctuelles

Le remplissage du pulvérisateur est une étape critique tant pour la santé de l'utilisateur que pour le risque de fuites dans l'environnement. Un incident trop fréquent est le débordement de la cuve lors du remplissage. Une jauge, aussi précise soit elle, ne sera utile que si l'opérateur reste constamment concentré sur le remplissage du pulvérisateur. Il est inutile de vouloir remplir le pulvérisateur à ras-bord et risquer un débordement lors du remplissage ou suite aux mouvements durant le transport.

Pour éviter de polluer les eaux, le remplissage du pulvérisateur ne peut donc en aucun cas se faire sur une aire imperméable reliée à l'égout ou à un ruisseau, un bassin artificiel, un puits.... Il est conseillé d'effectuer les opérations de remplissage (et de nettoyage) de la cuve sur une aire enherbée car celle-ci peut neutraliser les "petites pertes" grâce à l’action des bactéries et des microorganismes présents dans le sol.

Le meilleur filtre est le sol, s'il n'est pas trop sablonneux et s'il contient une certaine quantité de matière organique.

Les pertes ponctuelles avant le traitement représentent l'une des principales causes d'incidents phytosanitaires. Elles sont la conséquence d'un apport important de produits dans le milieu suite à une mauvaise manipulation ou un déversement accidentel de ces produits. Leur impact est le plus important sur les eaux souterraines et de surface. Le débordement de cuve lors du remplissage sera à l’origine de la présence de produits phytosanitaires dans les eaux de surface