2. Bonnes pratiques avant la pulvérisation

1. Prise de décision

Avant tout traitement, il convient de déterminer les avantages (coût, rapidité d’exécution) et inconvénients (risques pour la santé et l’environnement) liés à la méthode utilisée (chimique ou non chimique). Il est donc essentiel de répondre à certaines questions :

  • La présence d’une végétation développée est-elle acceptée temporairement ?
  • Un aménagement différent de la zone permettrait-il de limiter les besoins en traitement ?
  • Suis-je à proximité d’un point d’eau ?
  • Les techniques alternatives aux produits phytopharmaceutiques sont-elles applicables ?
  • ...

Dans notre guide « Utilisation des produits phytopharmaceutiques en espaces verts et voiries - Législations et bonnes pratiques - Septembre 2010 », un schéma décisionnel vous permettra de vous poser les questions nécessaires préalables à la décision d’appliquer un produit phytopharmaceutique.

D’autre part, lorsque le produit est appliqué hors contexte agricole (par exemple lors du désherbage des espaces publics, lors du traitement de la voirie…), le risque de contamination des eaux de surface est majeur. En effet, les caractéristiques physiques de ce type de surfaces, peu ou pas perméables, sont propices au ruissellement. Une fraction importante du produit est aussi susceptible d’être emportée avec les eaux de percolation surtout si, pour des raisons d’aménagements urbanistiques ou techniques, la couche de sol absorbante et épurative a été enlevée (couche superficielle du sol riche en humus et en micro-organismes dégradant le produit). L’utilisation de pesticides dans ces zones doit être réduite au minimum et gérée avec beaucoup de précautions de manière à limiter les risques de contamination des eaux. L’utilisation de techniques non chimiques (manuelles, thermiques, mécaniques) doit y être privilégiée.

2. Choix du produit

Lorsqu'un traitement phytosanitaire s'impose, la décision de choisir un pesticide donné doit être basée sur une évaluation des risques, des avantages et du danger potentiel que présente le produit pour la santé publique et pour l'environnement.

En fonction des caractéristiques du type de surface et du matériel à disposition, le choix du produit sera différent. Il sera également nécessaire de choisir le produit le mieux adapté aux circonstances : type et stade des adventices, prévisions météorologiques… A titre d’exemple, un herbicide de contact ne sera efficace que sur les plantes présentes lors du traitement, il est donc inutile de l’appliquer sur un sol nu.

Les agréations des produits phytopharmaceutiques sont régulièrement soumises à des modifications ; le site internet www.phytoweb.be est la seule source officielle continuellement mise à jour. Il est donc utile de consulter ce site avant toute utilisation. Ce site permet une recherche rapide par le nom commercial du produit via « Consulter agréations » et « Chercher sur base du nom/numéro du produit commercial ». Pour vous aider, un mode d’emploi du site internet phytoweb se trouve ici.

Le chapitre «Classification des produits et exigences» peut vous fournir de précieuses informations.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations au sujet de l’utilisation de ce site internet : crphyto@uclouvain.be ou 010/ 47 37 54

3. Matériel de pulvérisation

Le pulvérisateur est la machine qui doit être la mieux entretenue au cours de toute la saison : un pulvérisateur en bon état d'entretien permettra une efficacité optimale du traitement (le produit atteint sa cible). Ceci est valable aussi bien pour les pulvérisateurs à dos que pour les pulvérisateurs à lance.

Un pulvérisateur mal réglé fait perdre du temps et de l'argent (mauvaise répartition, dose incorrecte sur la cible) et présente des risques accrus pour l'environnement (gestion du fond de cuve, dérive).

Le pulvérisateur doit être en ordre de contrôle technique : en effet, l’arrêté royal du 7 novembre 2011 impose que tout appareil prévu pour appliquer des pesticides à usage agricole, à l’exception des pulvérisateurs à dos et les pulvérisateurs à lance, soit contrôlé tous les trois ans sur le territoire de la Belgique.

Pour les parties francophones et germanophones du pays, l’Unité Machines et infrastructures agricoles du département Productions et Filières du Centre Wallon de Recherches Agronomiques est chargée des contrôles.

Tout pulvérisateur contrôlé favorablement peut être utilisé dans les conditions normales par son propriétaire ou par la personne qui en a la responsabilité, pendant la période précisée par l'autocollant (ci-contre). Au-delà de cette période, l'utilisation du pulvérisateur est interdite, sauf s'il a fait l'objet d'un nouveau contrôle satisfaisant

4. Protection de l'eau

Lors d’un traitement phytopharmaceutique, en fonction des moyens de traitement, des caractéristiques du sol, de la substance active, des plantes adventices et des conditions météorologiques, une part plus ou moins importante de la substance active épandue n’atteindra pas sa cible et pourra occasionner des dégâts sur l’environnement.

Lors de l’application dans un contexte agricole ou horticole (c’est-à-dire sur des cultures de pleine terre) la partie du produit non interceptée par la végétation en place va se retrouver dans la couche superficielle du sol où des processus de dégradations biologiques ou physico-chimiques peuvent entrer en œuvre. En fonction de la molécule utilisée, plus de 90 voire 99 % du produit vont finalement disparaître de la sorte, limitant ainsi les risques de contamination de l’environnement.

Lorsque le produit est appliqué hors agriculture (par exemple lors du désherbage des espaces publics…), il en va tout autrement. Lors du traitement de la voirie, le risque de contamination des eaux de surface est majeur. En effet, les caractéristiques physiques de ce type de surfaces, peu ou pas perméables, sont propices au ruissellement. Une fraction importante du produit est aussi susceptible d’être emportée avec les eaux de percolation surtout si, pour des raisons d’aménagements urbanistiques ou techniques, la couche de sol absorbante et épurative a été enlevée (couche superficielle du sol riche en humus et en micro-organismes dégradant le produit). L’utilisation de pesticides dans ces zones doit être réduite au minimum et gérée avec beaucoup de précautions de manière à limiter les risques de contamination des eaux. L’utilisation de techniques non chimiques (manuelles, thermiques, mécaniques) doit y être privilégiée.

Par ailleurs, à proximité d’un plan d’eau (ruisseau, étang, mare, fossé humide, canal de drainage…), l’utilisateur est tenu de respecter les zones tampons indiquées sur l’emballage du produit phyto. La zone tampon est une bande de terrain non traitée faisant partie de la surface devant être traitée ou contenant une bande enherbée : le type de végétation n’a pas d’importance. Sa largeur est la distance minimale à respecter entre la dernière buse du pulvérisateur et la berge du plan d’eau.

La bonne pratique agricole prévoit une zone tampon de 1 m par rapport aux surfaces ne devant pas être pulvérisées.

Pour chaque produit, en fonction d’une évaluation des risques, des zones tampons supplémentaires peuvent être exigées. Ces dernières sont indiquées sur l’étiquette du produit phytopharmaceutique. En Belgique, elle varie de 2 à 200 mètres selon le risque pour les organismes aquatiques, inhérent à chaque produit. Cependant, cette zone tampon peut être réduite de 50 à 90% par la mise en œuvre de techniques permettant de limiter la dérive (buses anti-dérive, système twin, haie).

L’établissement d’une telle zone a pour but de protéger les organismes aquatiques des produits phytopharmaceutiques contenus dans le brouillard de pulvérisation. Une liste du matériel permettant de réduire la dérive des brumes de pulvérisation est disponible sur le site www.phytoweb.be dans la rubrique « Info pour l’utilisateur » sous « Mesure de réduction de la contamination des eaux superficielles par les produits phytosanitaires ».