Comité régional PHYTO
 Un pôle de concertation sur les pratiques phytosanitaires
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Encadrement

3.1. Appartenance à une association

L’appartenance à une association ou à un syndicat agricole pourrait être un facteur collectif susceptible d’accroître la sensibilité environnementale.

Environ 65% des agriculteurs interrogés sont affiliés au syndicat agricole FWA (Fédération wallonne de l’Agriculture) (tableau 5).
Ce syndicat est très actif, il organise un nombre important de réunions, notamment à propos de l’usage des pesticides. De plus, il édite un journal diffusé, théoriquement, à l’ensemble des exploitations agricoles wallonnes. Ce journal donne notamment des conseils pour la gestion des cultures, des informations sur les nouvelles réglementations. De même, il diffuse les systèmes d’avertissements. Cependant, dans la pratique, seuls 79% des agriculteurs reçoivent ce journal.
En Wallonie, l’agriculture de groupe (CUMA ...) est peu développée. Seuls 12% des agriculteurs font partie d’une coopérative et utilisent du matériel en commun (tableau 5).

Il n’y a pas de lien entre l’appartenance à une association et les habitudes en matière d’utilisation de produits phytosanitaires.

Tableau 5 : association

Association
Agriculteurs (%)
Coopérative
12
Entraide
2
Comices agricoles
53
CETA
7
FWA
65
Autre
16

En Wallonie, depuis 1992, l’ensemble des secteurs concernés par l’usage des pesticides a décidé de mettre sur pied un organisme, le Comité régional PHYTO. Et ce dans le but de vulgariser les bonnes pratiques agricoles dans l’usage des pesticides. Cette organisation a édité neuf "guides de bonne pratique".(actuellement en cours de ré-actualisation).
Le premier est un guide général (disponible gratuitement auprès du Comité régional PHYTO), qui explique les problèmes liés à l’utilisation des pesticides ainsi que les possibilités que l’agriculteur a pour préserver l’environnement et sa santé. Les autres guides sont spécifiques pour chaque culture (maïs, betteraves, plantes ornementales, cultures de légumes, …).

Seuls 8 % des agriculteurs interrogés pensent connaître le CRP (Comité régional PHYTO). Par ailleurs, les guides de bonne pratique publiés par le CRP sont connus de 35 % des producteurs parmi lesquels un tiers disent avoir, suite à la lecture de ces publications, modifié leurs pratiques en matière d’utilisation de produits phytopharmaceutiques.

L'impact direct du CRP semble donc encore trop faible au niveau de la pratique. Cependant, il ne faut pas négliger son impact indirecte suite aux nombreuses publications parues dans la presse agricole (Sillon belge, Nouvelles de l’agriculture), ainsi que via ses fascicules ou encore le bouche-à-oreille.

3.2. Sources d’information

Des sources d’information à propos des pesticides ont été proposées aux agriculteurs interrogés (tableau 6). En fonction de la culture, l’agriculteur devait donner les sources d’information qu’il utilisait régulièrement.

Selon l’enquête, quelle que soit la culture, l’agriculteur consulte régulièrement deux sources d’information principales : le délégué de firme phytosanitaire et les sytèmes d’avertissements.

Tableau 6: principales sources d'information des agriculteurs

Source/cultures
Froment d'hiver
Escourgeon
Betterave
Pomme de terre
Maïs
Lectures (journaux)
33
42
33
31
31
Entourage (fermier voisin, ami...)
20
29
21
8
18
Salon de l'agriculture
0
0
0
0
0
Délégués de firme
90
89
89
85
84
Cours-conférences
24
22
26
15
21
Services officiels (IRBAB, CIPF....)
0
0
15
15
10
Services d'avertissements
50
60
46
77
0
Conseillers privés
7
7
7
8
10
Autres
5
11
4
0
2

Quelle que soit la culture considérée, la source d’information la plus consultée (tableau 6) est de loin le délégué de firme de produits phytopharmaceutiques. Chez certains, particulièrement chez les éleveurs, il fait le tour des parcelles et donne des conseils de traitement. L’éleveur se décharge du travail de surveillance et de prise de décisions en matière de culture.
Cependant, le conseil qui est donné par les délégués de firme n’est pas tout à fait objectif, l’aspect commercial étant la principale motivation de ses démarches.

En fonction de la culture, les services d’avertissements sont consultés, plusieurs fois par saison. Mais les agriculteurs ne suivent pas scrupuleusement les conseils donnés par ces services. Les conseils du délégué de firme priment sur les conseils donnés par les avertissements. Par exemple, 77% des planteurs de pommes de terre consultent les systèmes d’avertissements, parmi ceux-ci, seuls 43% les suivent scrupuleusement pour pulvériser leur culture. Les systèmes d’avertissements sont considérés comme une source d’information et non comme un outil permettant de réduire les traitements.

Bon nombre d'agriculteurs trouvent les informations dont ils ont besoin dans la presse agricole. Il est donc important que les services de vulgarisation informent les agriculteurs par le biais des journaux agricoles.

On peut constater que les services officiels (IRBAB, CIPF...) ne sont pas considérés comme une source prépondérante d’information. Cependant, ils ont un impact indirect. En effet, ces services participent pleinement à la mise au point des services d'avertissements et diffusent leurs informations via les journaux qui sont consultés régulièrement par un tiers des agriculteurs.

3.3. La prise de décision d'un traitement phytosanitaire

Le choix judicieux d’un traitement reste primordial pour assurer le bon développement de la culture ainsi que le revenu de l’agriculteur. Outre les caractéristiques du produit au moment de le choisir, l’agriculteur va subir différentes influences (publicités dans les journaux, délégués de firme, organes officiels, …). Ces influences vont orienter le choix du produit et du traitement.

L’agriculteur prend rarement seul la décision de traiter ses cultures. Dans la plupart des cas, cette décision est prise en concertation avec une personne extérieure à l'exploitation (délégués de firme....). En "grandes cultures", quelle que soit la culture (blé d'hiver, d'escourgeon, de betteraves sucrières, de maïs..), plus de 80% des agriculteurs sont conseillés lors de la décision de traitement et la source d'information la plus consultée est de loin le délégué de firme..
Dans certaines cultures, par exemple en culture de pommes de terre, le délégué va, dans 64% des cas, autoriser le traitement lorsqu'il est le plus opportun (tableau 7).

Tableau 7 : prises de décision d'un traitement phytopharmaceutique suivant les cultures

Prise de décision/cultures
froment
escourgeon
betterave
PDT
maïs
Agriculteur seul (%)
2
3
1
0
6
Agriculteur conseillé (%)
85
82
83
36
80
Tiers (%)
13
15
16
64
14

Il est intéressant de noter qu’il n’y a pas de relation entre la prise de décision (agriculteur seul ou avec aide extérieure) et l’utilisation des PPP (nombre de traitements fongicides, types de PPP).