Études & projets

 

1. Projet HEEPEBI

Ce projet fédéral a pour objet la réalisation d'un inventaire détaillé, pour la situation belge, des effets sur la santé et l'environnement des pesticides à usage agricole et des biocides de type 18 (insecticides, acaricides et produits utilisés pour lutter contre les autres arthropodes).

Cofinancé par le département "SPF santé publique, sécurité de la chaîne alimentaire et de l'environnement", le projet est une collaboration entre l'Université de Gent, le CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques), ECOLAS (Environmental Consultancy and Assistance) et l'UCL. Cette étude s'inscrit dans le cadre de l'Arrêté royal du 22 février 2005 relatif au premier programme fédéral de réduction des pesticides à usage agricole et des biocides qui avait pour objectif de réduire jusqu'en 2010, par rapport à 2001, de 25% l'impact négatif des pesticides utilisés dans le secteur agricole et de 50% l'impact négatif des biocides et des pesticides utilisés en dehors du secteur agricole.

La première partie du projet consiste en un examen des connaissances scientifiques et de la littérature sur les possibles effets sur la santé humaine et l'environnement des pesticides à usage agricole et des biocides de type 18 afin d'en étudier les problématiques ainsi que les incertitudes et d'en évaluer les risques dans le contexte belge.

Dans un second temps, ces impacts sont évalués de manière quantitative par l'application d'un indicateur de risque multi-compartimental développé par les partenaires lors d'études précédentes.

La dernière partie propose des suggestions pour la recherche, estime l'impact des mesures proposées et formule des conclusions pratiques.

Les résultats de cette étude constituent un outil très utile et un document de conseils pour l'installation des mesures de réduction.

2. Usage des pesticides en Région wallonne (2008-2009)

En Belgique, les firmes phytopharmaceutiques sont tenues de déclarer, chaque année, au Service Public fédéral Santé publique, Sécurité de la Chaîne alimentaire et Environnement, les données de ventes des produits phytopharmaceutiques dont elles détiennent l’agréation. Néanmoins, les données relatives à l’utilisation de ces produits, tout comme la répartition géographique de ces utilisations, ne sont pas connues avec précision par les pouvoirs publics.

Aujourd’hui, l’usage de produits phytopharmaceutiques en agriculture ainsi que les usages propres aux administrations publiques sont estimés via des enquêtes réalisées auprès d’un échantillon représentatif d’utilisateurs. Les quantités de produits phytopharmaceutiques utilisées pour l’entretien du réseau ferroviaire sont, quant à elles, disponibles auprès d’Infrabel. Etant donné la diversité d’utilisations, il est par contre plus difficile d’obtenir des données d’utilisation auprès des professionnels de l’entretien des espaces verts et des particuliers.

Dans le cadre d’un précédent programme de recherches, le CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques) a mis au point, pour les années 1995, 2000 et 2003, une méthodologie de calcul de répartition des quantités de matières actives utilisées en Région wallonne. La présente étude se base partiellement sur cette méthodologie de calcul.

Cette étude a été financée par la Direction générale des Ressources Naturelles et de l’Environnement (DGRNE) de la Région wallonne dans le cadre de la préparation des rapports sur l'état de l'environnement wallon.

Sur la base des données de ventes nationales de produits phytopharmaceutiques, cette étude propose une estimation des utilisations nationales et régionales par type de produits (désinfectants du sol, fongicides, herbicides, insecticides, produits hors protection des plantes, traitements de semences …) et par type d’usages (agricole, par Infrabel, par les administrations publiques et par les particuliers). En outre, les usages agricoles de produits phytopharmaceutiques ont été répartis pour les principales catégories de cultures emblavées en Région wallonne (prairies, maïs, froment, orge, autres céréales, betteraves-chicorées, lin, colza, pommes de terre, légumes de pleins champs, cultures sous serres, sapin de Noël, vergers). L’étude fournit aussi les données de base pour la spatialisation des utilisations de matières actives (réalisation de cartes par bassin hydrographique ou par région agricole) pour la période 1992 à 2004

Contribution à l'actualisation des indicateurs de l’état de l’environnement wallon relatifs à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques : Rapport

Cette étude est en cours d’actualisation pour les années 2005 à 2009 dans le but de répartir les quantités vendues de produits phytopharmaceutiques entre les différents types d’utilisateurs (agriculteurs, administrations publiques, particuliers,…). Une estimation de la quantité totale de produits phytopharmaceutiques utilisés à l’échelle de la Wallonie et des régions agricoles pour différents types de cultures sera également réalisée. Ce travail permettra de mettre à jour les indicateurs de l’état de l’environnement wallon relatifs aux produits phytopharmaceutiques.

Des enquêtes de terrain réalisées en 2009 ont permis d’obtenir une estimation des quantités réellement employées de produits phytopharmaceutiques par type d’utilisateurs (administrations communales, particuliers, agriculteurs et autres utilisateurs) et par catégorie de cultures au sein de deux sous-bassins hydrographiques (le bassin du Pisselet et le bassin de la Dyle).

Ces études feront prochainement l’objet d’une publication.

3. Indicateurs environnementaux

L’utilisation d’indicateurs environnementaux est actuellement préconisée en matière de développement durable. A cette approche théorique, il est nécessaire d’associer le point de vue des producteurs.

C’est pourquoi, un projet de recherche intitulé "Développement d’outils de sensibilisation pour un usage durable des pesticides" a été mis en place au début de l’année 2002. Ce projet était financé par les SSTC (Services fédéreaux des affaires scientifiques, techniques et culturelles) et coordonné par le Professeur Henri Maraite de l’unité de phytopathologie (Faculté d’ingénierie biologique, agronomique et environnementale - UCL). Il était basé sur un partenariat entre des équipes de l’UCL, de l’Université de Gent et du CERVA (Centre d'Etude et de Recherches Vétérinaires et Agrochimiques) de Tervuren.

L’objectif principal du projet était de généraliser une utilisation raisonnée et durable des pesticides en se basant sur une évaluation quantitative de leurs impacts et sur des outils de sensibilisation adaptés aux contraintes et à la sensibilité des producteurs.

Ainsi, ce projet visait à fournir des outils permettant une évaluation aisée de l’impact des différents pesticides et des scénarios d’utilisation de ceux-ci aux producteurs, organismes de vulgarisation et autorités publiques.

La recherche a été encadrée par un comité d’utilisateurs potentiels des résultats réunissant les Administrations régionales et fédérales en matière d’agriculture et d’environnement, le syndicat agricole, l’industrie phytosanitaire ainsi que les centres de recherche et vulgarisateurs agricoles.

Les résultats de ce projet contribueront à :

  • Améliorer la connaissance en ce qui concerne la manière dont les producteurs font face, intègrent et gèrent les contraintes agronomiques, socio-économiques et environnementales auxquelles ils sont soumis lors des choix de stratégies de protection de leurs cultures;
  • Développer un PIAS (Pesticides Impact Assessment System) permettant l’évaluation de l’impact global des méthodes de protection des cultures (actuelles et développées à l’avenir) impliquant l’utilisation de pesticides;
  • Fournir un classement objectif des pesticides prenant en compte leur impact potentiel sur la santé humaine et l’environnement;
  • Apporter un système d’aide à la décision aux producteurs, organismes de vulgarisation et industries afin de minimiser les effets secondaires de l’utilisation des pesticides.

Publications

 

4. Enquête dans le monde agricole

Une enquête a été menée en 2003 auprès d'une centaine d'agriculteurs pratiquant des "grandes cultures" en Brabant Wallon afin de développer des outils de sensibilisation pour un usage durable des pesticides.

Les résultats de ce projet ont été présentés lors d'une demi journée d'étude le 26 janvier 2005 à Louvain-la-Neuve.

Cette enquête a fait l’objet d’une publication dont vous pouvez disposer en français - en néerlandais.

L’hétérogénéité de la population agricole du point de vue de la situation socio-économique, des spéculations et de la situation géographique ne permet pas d'établir une typologie des exploitations ou des exploitants qu’il est primordial de sensibiliser aux risques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires.

On peut conclure à partir des résultats de cette enquête, que les agriculteurs belges sont généralement bien informés sur la législation actuelle et sur les risques liés à l'utilisation des pesticides. Cependant, malgré cette connaissance des risques, trop peu d’agriculteurs prennent suffisamment de précautions lorsqu’ils traitent leurs cultures.

Il serait opportun, pour cibler les actions, de comprendre le fossé qui existe entre cette prise de conscience et la pratique.

Les agriculteurs prennent rarement seuls la décision de traiter. Ils disposent de nombreuses sources d’informations (délégués de firmes, contacts avec les criées, cours du soir, lecture de journaux, systèmes d'avertissements...).

Par ces voies, il serait intéressant de sensibiliser davantage les agriculteurs au respect de l’environnement et de la santé humaine. Ces interlocuteurs privilégiés sont des canaux importants pour la diffusion d'informations et pour l'accompagnement des agriculteurs.

Malgré ces nombreuses sources d'information, un travail de sensibilisation est nécessaire. La preuve en est que les mesures mises en place par le Gouvernement ces dernières années portent leurs fruits: les appareils de traitement sont en bon état, les fonds de cuves sont minimisés (et épandus sur la culture) …

Sur base des résultats de cette enquête, une amélioration des pratiques agricoles en matière d’utilisation de pesticides doit être faite par une approche globale, basée sur la formation et la distribution d'information.

5. Journées d’études organisées par le Comité régional PHYTO

Le Comité régional PHYTO organise régulièrement des journées sur des thématiques relatives à l’usage durable des produits phytopharmaceutiques. Vous pouvez retrouver l’ensemble des comptes rendus de ces journées ici