5. Bonnes pratiques après le traitement

1. Gestion du fond de cuve

La mauvaise gestion du fond de cuve est l'une des causes principales de pollution. En aucun cas, le fond de cuve ne peut être vidé sur une surface imperméable reliée à l'égout ou à un puits perdu.

Certains équipements sont vivement recommandés pour une bonne gestion du fond de cuve et notamment la cuve annexe d'eau claire et le rince-cuve.

La cuve annexe d'eau claire permet de diluer le fond de cuve. S'il reste un fond de cuve, le diluer 5 à 10 fois et l'épandre à grande vitesse sur la parcelle qui vient d'être traitée est la solution qui permet un moindre impact sur l’environnement.

Le rince-cuve consiste en un jet généralement tournant et disposé au centre de la cuve principale du pulvérisateur. Celui-ci permet un rinçage optimal de la cuve avec une quantité d'eau réduite. Il permet d'éviter que des traces de produits ne contaminent la bouillie suivante ou que des dépôts ne se forment et n'obstruent les filtres et les buses.

Le principal avantage réside dans le fait qu'un premier rinçage du pulvérisateur peut être effectué au champ, directement après la pulvérisation (évite dépôts, colmatage...). Si cette opération est conduite 2 ou 3 fois, le risque ultérieur de bouchage des buses est fortement limité.

Lors du rinçage, il faut également rincer correctement la pompe et les conduites allant jusqu'aux buses (tuyaux, filtres..).

L'épuration biologique avec utilisation de bio-épurateurs (phytobac et biofiltre) est un nouveau concept de traitement des eaux de derniers rinçages.

Ces bio-épurateurs sont destinés à épurer les restes de produits de pulvérisation générés à la ferme en absorbant et dégradant les dernières traces de matières actives présentes dans les eaux des derniers rinçages, les eaux de lavage de la carrosserie du matériel de traitement et les éventuelles pertes lors du remplissage. Ils sont conçus pour complémenter la cuve de rinçage

Pour plus d’informations sur les systèmes d’épuration biologique, vous pouvez vous adresser auprès de l’asbl Phyteauwal.

2. Gestion des déchets

Brûler des emballages de produits phytopharmaceutiques dégage des fumées toxiques pour l'homme et l'environnement.

Enfouir ces emballages, les abandonner dans la nature, peut entraîner des risques de pollution des sols, des eaux de surface ou souterraines.

 

Un traitement adéquat des emballages vides de produits phytopharmaceutiques et des PPNU (Produit Phytopharmaceutique Non Utilisable) via les filières de recyclage organisées permet d’éviter la contamination des eaux de surfaces et souterraines par les substances actives utilisées pour la protection des plantes.

  • Emballages vides

La récolte des emballages vides est organisée tous les ans. Il est demandé aux utilisateurs de rincer les emballages immédiatement après l'utilisation du produit et de stocker ces emballages à la ferme. Les agriculteurs et horticulteurs acheminent ensuite (en fin de saison culturale) les emballages vides dans les sacs AgriRecover vers les sites de collecte. Les emballages récoltés sont ensuite transportés et traités. La liste des points de collecte est disponible ici.

  • PPNU

La législation interdit la détention de produits qui ne sont plus agréés. Il est donc primordial, pour éviter toute sanction lors d’un contrôle, de conserver ces produits séparément dans le local phyto en les identifiant clairement. Outre la récolte annuelle des emballages vides, la collecte bisannuelle de AgriRecover permet de se débarrasser des produits repris sous l’appellation PPNU c'est-à-dire :

  • Les produits dont l’agréation a été retirée et les produits dont le délai de commercialisation (pour les commerçants) ou le délai d’utilisation (pour les utilisateurs) est dépassé ;
  • Les produits dont l'état physico-chimique est altéré (gel, précipitation, etc.) ;
  • Les produits pour lesquels il y a une incertitude (étiquette illisible, inexistante…) ;
  • Les produits techniquement dépassés ;
  • Les prdduits dont la culture à laquelle ils sont destinés n’existe plus sur l’exploitation.

Il est indispensable que ces produits soient stockés à part dans le local phyto et soient identifiés clairement (périmés, agréation retirée, PPNU…) dans l’attente de la prochaine collecte de AgriRecover, qui se déroule tous les 2 ans (2017, 2019…). La liste des points de collecte est disponible ici.

  • Réglementation de l'AFSCA

L’AFSCA tolère la détention de produits phytopharmaceutiques moyennant certaines conditions qui varient selon la nature et l’origine de produits.

Le produit n'a JAMAIS été agréé en Belgique

  • Détention et stockage interdits                                                                                         → non conforme + PV d'infraction  

Exception :
Les frontaliers peuvent conserver des pesticides à usage agricole non agréés en Belgique dans le but de les utiliser sur une de leurs parcelles situées dans un pays limitrophe à condition :

  • Que le produit soit autorisé dans le pays limitrophe;
  • De disposer d’une autorisation pour l’importation-exportation de pesticides à usage agricole délivrée par l’AFSCA. Celle-ci peut être obtenue auprès des Unités Provinciales de Contrôle (www.afsca.be);
  • De stocker ces produits séparément avec un écriteau portant la mention « POUR EXPORTATION ».

Le produit était encore agréé au 1er janvier de l'année X-2

  • Si ces produits sont stockés à part dans le local phyto avec un écriteau spécifique               → Conforme
  • Si ces produits ne sont pas stockés à part et identifiés clairement                                       → Non-conforme + remarque (ce type de produit doit être mis à part et identifié clairement)

Le produit était agréé entre le 1er janvier de l’année X-4 et le 1er janvier de l’année X-2

  • Si ces produits sont stockés à part dans le local phyto avec un écriteau spécifique (périmés, agréation retirée, PPNU…) et enregistrés (nom des produits, estimation des quantités restantes, date de l’enregistrement)*                                                                → Non-conforme + avertissement NB : Si d’autres non-conformités sont constatées, un PV d’infraction sera dressé
  • Si les conditions ci-dessus ne sont pas toutes respectées                                                   → Non-conforme + PV d’infraction

* Aucun format spécifique n’est requis pour cet enregistrement, une liste papier dans le local peut suffire tout comme un écrit dans le registre de pulvérisation ou le registre IN/OUT

Le produit n’était plus agréé au 1er janvier de l’année X-4

  • Détention et stockage interdits                                                                                     → Non-conforme + PV d’infraction

Les produits proviennent de la reprise d’une ancienne exploitation agricole

  • Si ces produits sont stockés à part dans le local phyto avec un écriteau spécifique (périmés, agréation retirée, PPNU, …), enregistrés (nom des produits, estimation des quantités restantes, date de l’enregistrement) et notifiés à l’Unité Provinciale de Contrôle (UPC)                                                                                                                               → Conforme
  • Si ces produits ne sont pas mis à part, identifiés clairement, enregistrés et notifiés à l’UPC  → Non conforme + PV d’infraction

Schéma récapitulatif