2. Bonnes pratiques avant la pulvérisation

1. Mesures prophylactiques

La bonne pratique phytosanitaire repose avant tout sur la plantation d'un matériel végétal sain dans un sol sain et sur la mise en place de mesures prophylactiques c'est-à-dire de moyens culturaux, physiques et biologiques utilisés pour éviter ou limiter l'introduction de maladies, ravageurs ou adventices dans une culture.

  • Une rotation assez longue et adaptée permet de diminuer l'application de produits phytopharmaceutiques tout en augmentant les rendements. Pour limiter les problèmes de repousse, on évitera, notamment, la succession de certaines cultues dans la même rotation (pomme de terre avant betterave ou chicorée). Cette rotation sera couplée à une bonne gestion de l'inter-culture (destruction des adventices et limitation des repousses).
  • L'élimination des sources d'infection est primordiale pour retarder au maximum l'apparition de maladies et donc les traitements fongicides (les écarts de triage sont des sources d'infection importantes en culture de pomme de terre par exemple).
  • Le choix de variétés résistantes ou tolérantes : au plus le prix des productions agricoles diminue, au plus le choix de variétés résistantes ou tolérantes se justifie économiquement. Si leur potentiel de rendement est parfois moins élevé, ces variétés nécessitent également une moindre protection phytosanitaire, ce qui leur confère une rentabilité supérieure aux autres.

2. Diagnostic et prise de décision

Un diagnostic correct et réalisé à temps est crucial pour une protection efficace et économique des cultures. Les symptômes présentés par différentes maladies ou les stades jeunes d'adventices (ex : petite ciguë et fumeterre) peuvent être semblables. Le traitement à effectuer sera par contre souvent différent.

  • Déceler la présence de foyers en se rendant régulièrement sur le champ est indispensable.
  • Le degré d'infestation de la culture doit être évalué correctement (comptage des plantes atteintes, des adventices ou des insectes présents).
  • Des services d’avertissement existent en Wallonie afin d’aider l’agriculteur dans ses prises de décisions. Vous pouvez trouver plus d’informations concernant ces avertissements dans la rubrique «agriculteurs – support technique».
  • Les seuils d'intervention (seuils au-delà desquels les pertes économiques engendrées par l'ennemi de la culture dépassent le coût de la protection phytosanitaire), lorsqu'ils existent, (seuils au-delà desquels les pertes économiques engendrées par l'ennemi de la culture dépassent le coût de la protection phytosanitaire) doivent être pris en compte.
  • La présence d'organismes auxiliaires (prédateurs ou parasites naturels aux insectes néfastes aux cultures), s’ils sont en nombre suffisant, peut permettre de contenir le développement de la population d'insectes nuisibles.
  • Le risque pour la culture sera estimé en fonction du degré d'infestation et de l'avancement de la culture.
  • La sensibilité de la culture au traitement (risque de phytotoxicité) varie en fonction de son stade de développement et de son état sanitaire général, il est important d’y prêter attention.

 

Un traitement phytosanitaire n'est opportun que si les autres techniques culturales ont été évaluées et jugées moins pertinentes ou insuffisantes. L'utilisateur doit éviter une dépendance excessive vis-à-vis des produits phytopharmaceutiques afin de diminuer le risque d'apparition de résistance des organismes nuisibles vis-à-vis des produits phytopharmaceutiques.

Afin de ne pas nuire aux organismes auxiliaires, il est recommandé de :

  • combiner des méthodes de luttes culturales, biologiques, physiques ou chimiques
  • raisonner les doses d'application
  • choisir judicieusement les produits utilisés ainsi que les périodes d'intervention, .

Le risque réel d'exposition de la culture à une maladie ou à un ravageur doit également être pris en compte. Ce risque dépend des conditions météorologiques, de l'antécédent cultural, de la sensibilité variétale,...

3. Choix du produit

Lorsqu'un traitement phytosanitaire s'impose, le choix du produit phytopharmaceutique doit être basé sur une évaluation des risques et des avantages. 

Seuls les produits agréés pour l'usage concerné sont autorisés. Plusieurs produits phytopharmaceutiques ou mélanges de produits phytopharmaceutiques peuvent être employés afin de lutter contre une même maladie. Le rapport coût-bénéfice de chaque traitement est un élément de choix important, mais les caractéristiques toxicologiques et écotoxicologiques des produits doivent également être prises en compte afin de réduire au maximum l'impact de la pulvérisation sur la santé de l'opérateur et du consommateur ainsi que sur l’environnement.

Le stade phénologique de la culture, les prévisions météorologiques, les stratégies anti-résistances... doivent également être prises en compte lors du choix du produit.

Les agréations des produits phytopharmaceutiques sont régulièrement soumises à des modifications ; le site internet www.phytoweb.be est la seule source officielle continuellement mise à jour. Il est donc utile de consulter ce site avant toute utilisation.  Pour vous aider, un mode d’emploi du site internet phytoweb se trouve ici.

Vous pouvez trouver la liste des produits phytopharmaceutiques pouvant être utilisés en agriculture biologique qui a été réalisée par phytoweb.

N’hésitez pas à nous contacter pour plus d’informations au sujet de l’utilisation de ce site internet : crphyto@uclouvain.be ou 010/ 47 37 54

4. Matériel de pulvérisation

Le pulvérisateur nécessite un entretien régulier tout au long de la saison : un pulvérisateur en bon état d'entretien permettra une efficacité optimale du traitement (le produit atteint sa cible) et diminuera les risques liés à la pulvérisation.

Le pulvérisateur doit être en ordre de contrôle technique selon l’Arrêté royal du 7 novembre 2011. Cet Arrêté définit le pulvérisateur comme tout appareil susceptible d’être utilisé pour l’application de produits phytopharmaceutiques sous forme liquide.

Les appareils suivants sont cependant exempts du contrôle technique obligatoire :

  •  Les pulvérisateurs à dos, c’est-à-dire les appareils qui, en usage normal, peuvent, du fait de leurs caractéristiques, être portés par une seule personne;
  •  Les pulvérisateurs à lance, c’est-à-dire les pulvérisateurs disposant de maximum deux porte-buses montés au bout d’une lance dont la direction et l’orientation du jet sont assurés par l’opérateur;

Certains équipements sont vivement recommandés:

  • cuve annexe d'eau claire (rinçage),
  • trémie d'incorporation des phytos,
  • rince-bidons,
  • cuve lave-mains.

Certains équipements du pulvérisateur sont essentiels et doivent être en parfait état :

  • manomètre,
  • filtres,
  • jauge,
  • buses,
  • protection de la prise de force.

Une vérification régulière permettra de détecter d'éventuels dysfonctionnements.

Un pulvérisateur mal réglé fait perdre de l'argent (mauvaise répartition, dose incorrecte sur la cible) et présente des risques accrus pour l'environnement (gestion du fond de cuve, dérive)

5. Stockage

Le local de stockage des produits phytopharmaceutiques est soumis à plusieurs textes législatifs comme indiqué sur la page dédiée au stockage.

N’hésitez pas à prendre contact avec nous pour toute question concernant votre local phyto. crphyto@uclouvain.be ou 010/ 47 37 54

6. Protection de l'eau

Lors d’un traitement phytopharmaceutique, en fonction des moyens de traitement, des caractéristiques du sol, de la substance active, des plantes adventices et des conditions météorologiques, une part plus ou moins importante de la substance active épandue n’atteindra pas sa cible et pourra occasionner des dégâts sur l’environnement.

Lors de l’application dans un contexte agricole ou horticole (c’est-à-dire sur des cultures de pleine terre) la partie du produit non interceptée par la végétation en place va se retrouver dans la couche superficielle du sol où des processus de dégradations biologiques et/ou physico-chimiques peuvent entrer en œuvre. En fonction de la molécule utilisée, plus de 90 à 99 % du produit vont finalement disparaître de la sorte.

Aux abords des zones de captage d’eau, des zones de prévention de captage sont mises en place afin de préserver les ressources wallonnes en eau potable, vous trouverez plus d’information à ce sujet sur la page dédiée aux zones à protéger.

Par ailleurs, à proximité d’un plan d’eau (ruisseau, étang, mare, fossé humide, canal de drainage…), l’utilisateur est tenu de respecter les zones tampons indiquées sur l’emballage du produit phyto. La zone tampon est une bande de terrain non traitée faisant partie de la culture ou contenant une fourrière enherbée (le type de végétation n’a pas d’importance). Sa largeur est la distance minimale à respecter entre la dernière buse du pulvérisateur et la berge du plan d’eau. En Belgique, elle varie de 2 à 200 mètres selon le risque pour les organismes aquatiques, inhérent à chaque produit. Cependant, cette zone tampon peut être réduite de 50 à 90% par la mise en oeuvre de techniques permettant de limiter la dérive (buses anti-dérive, système twin, haie).

La bonne pratique agricole prévoit une zone tampon de 1 m par rapport aux surfaces ne devant pas être pulvérisées. Pour chaque produit, en fonction d’une évaluation des risques, des zones tampons supplémentaires peuvent être exigées. Ces dernières sont indiquées sur l’étiquette du produit phytopharmaceutique.

L’établissement d’une telle zone a pour but de protéger les organismes aquatiques des produits phytopharmaceutiques contenus dans le brouillard de pulvérisation. Une liste du matériel permettant de réduire la dérive des brumes de pulvérisation est disponible sur le site www.phytoweb.be dans la rubrique « Info pour l’utilisateur » sous « Mesure de réduction de la contamination des eaux superficielles par les produits phytosanitaires ».

Par ailleurs, les tournières enherbées qui font l’objet de la mesure agri-environnementale n°3.a, peuvent assurer la fonction de zone tampon puisqu’il s’agit d’une bande de terrain qui ne reçoit aucun produit phytopharmaceutique. Vous pouvez trouver plus d’informations sur les mesures agri-environnementales sur le site de la Wallonie.